Behind the design avec Yoann Alias Brooklyn
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Dans le skate, les graphismes ne sont pas de simples visuels imprimés sur une planche ou un tee-shirts. Ils racontent une époque, incarnent une vision et deviennent parfois aussi emblématiques que les riders qui les portent. À la croisée du design, de l'art et de la culture, ils façonnent l'identité des marques autant qu'ils nourrissent l'imaginaire collectif.
C'est précisément dans cet univers que s'inscrit le travail de Yoann Micots, plus connu sous le nom de Brooklyn.
Entre la France et les États-Unis, il développe depuis plus de dix ans un langage visuel immédiatement identifiable. Au fil des années, il a signé des projets pour certaines des marques les plus respectées de la scène skate et streetwear, dont DGK, Diamond Supply Co. et Grizzly Griptape, pour n'en citer que quelques-unes, où références graphiques, héritage et culture urbaine se mêlent avec une justesse singulière. Aujourd'hui, il façonne l'identité visuelle de Disorder Skateboards, marque créée en 2021 par Nyjah Huston, tout en poursuivant de nombreuses collaborations, affirmant une approche du design où authenticité, culture et exigence graphique s'équilibrent avec une cohérence rare.
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Ollieday: Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, qui est Brooklyn ?
- Je m'appelle Yoann Micots, mais beaucoup me connaissent sous le nom de Brooklyn sur Instagram.
Je suis originaire de Bordeaux et je vis à Nîmes depuis plusieurs années. Je partage mon temps entre Nîmes et les États-Unis depuis quelques année. Aujourd'hui, je travaille principalement comme graphic designer pour Disorder Skateboards, tout en développant différents projets avec des marques de l'univers du skate, du streetwear où tout autres secteurs.
Le skate est ce qui m'a amené vers le graphisme et continue d'influencer ma façon de créer.
Ollieday: Avant le design, il y avait le skate non ? Comment tout a commencé ?
- Oui, complètement. Au départ, je passais surtout mon temps sur la planche et parfois à filmer mes amis, réaliser des montages vidéo. Je faisais aussi des remixes de vidéo de skate qui ont connu un petit succès à l'époque. C'est comme ça que j'ai commencé à apprendre seul les logiciels de montage, puis progressivement les outils de création graphique.
J'ai ensuite eu la chance de collaborer avec DC Shoes Europe grâce à une connaissance. Cette première opportunité m'a permis de découvrir l'envers du décor de l'industrie. En parallèle, j'ai suivi des études d'art, qui m'ont donné de solides bases techniques. Mais je reste convaincu que j'ai appris le plus en expérimentant chaque jour.
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Ollieday: Tu te souviens du premier graphisme qui t'a donné envie d'en faire ton métier ?
- Au début, je créais uniquement pour moi. J'avais envie de fabriquer mes propres planches, T-shirts et visuels, de dessiner quelque chose qui me ressemblait et que mes potes et moi aurions envie de skater.
C'est à ce moment-là que j'ai réalisé que cette passion pouvait devenir un métier.
Mais Ma première vraie planche produite dans l'industrie était, si je me souviens bien, chez DGK. Recevoir cette proposition représentait énormément pour moi, surtout quand tu viens d'une petite ville comme la nôtre, où les opportunités sont plus rares.

Ollieday: Aujourd'hui, tu construis l'identité visuelle de Disorder. Comment abordes tu ce rôle ?
- Je ne vois pas ça comme le travail d'une seule personne pour être honnête. Une identité forte se construit toujours en équipe.
Mon rôle consiste surtout à écouter, observer et comprendre où la marque peut évoluer sans perdre ce qui fait son identité. Chaque collection raconte une nouvelle histoire, tout en restant fidèle à son univers.
Je pense que le design doit évoluer naturellement, au même rythme que les riders, les projets et la marque elle-même.
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Ollieday: Disorder représente aujourd'hui une grande partie de ton activité ?
- Oui, sans hésiter.
Je travaille toujours sur quelques projets extérieurs, mais Disorder occupe aujourd'hui la majeure partie de mon temps. À force d'années passées ensemble, ce n'est plus seulement un client, c'est devenu une vraie aventure humaine.

Ollieday: À quoi ressemble une journée dans ton studio ?
- Il n'y en a pas deux identiques.
Un jour, je peux travailler sur une série de boards, le lendemain sur une collection textile ou des visuels destinés à la communication.
C'est justement cette diversité qui me plaît. J'aime passer d'un support à un autre sans jamais avoir l'impression de faire la même chose.
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Ollieday: As-tu une méthode de travail lorsque tu démarres une nouvelle collection ?
- Pas vraiment.
Je fonctionne beaucoup à l'intuition. Une idée peut naître pendant un voyage, en regardant une architecture, en discutant avec quelqu'un ou simplement en marchant dans la rue.
J'essaie de ne jamais forcer les choses. Les meilleures idées arrivent souvent quand on leur laisse de la place.

Ollieday: Quel projet t'a procuré le plus de fierté jusqu'à aujourd'hui ?
- C'est difficile d'en choisir un.
Chaque projet représente une étape différente de mon parcours. Ce qui me rend le plus fier, c'est surtout d'avoir la possibilité de créer pour des riders comme Nyjah Huston, Mark Appleyard, Alex Midler, Stevie Williams et beaucoup d'autres.
Savoir que mes créations accompagnent leur carrière est une vraie satisfaction.
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Ollieday: Qu'est-ce qui nourrit ton inspiration aujourd'hui ?
- Le quotidien.
Les villes où je vis, les voyages, les rencontres, ma famille, mes amis...
Je pense que tout peut devenir une source d'inspiration à partir du moment où l'on garde les yeux et l'esprit ouverts.
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Ollieday: Le graphisme dans le skate a énormément évolué ces dernières années. Quel regard portes-tu sur cette évolution ?
- Je crée depuis longtemps maintenant et je trouve que le niveau n'a jamais été aussi intéressant.
Les artistes racontent davantage d'histoires à travers leurs graphismes. Certaines créations sont plus personnelles, plus vivantes.
En parallèle, les techniques traditionnelles restent extrêmement importantes et continuent d'apporter une vraie valeur.
Concernant l'intelligence artificielle, je préfère largement le travail humain. L'IA peut être un outil, mais elle ne remplacera jamais la sensibilité, l'expérience et les erreurs qui rendent une création unique.
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Ollieday: Tu trouves encore le temps de skater ?
- Moins qu'avant, malheureusement. Le travail me prend énormément de temps. J'essaie quand même de monter sur une planche dès que j'en ai l'occasion.
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Ollieday: Sur quoi travailles-tu actuellement ?
- Il y a plusieurs collaborations très excitantes qui arrivent. Je ne peux pas encore en dévoiler le contenu, mais il y a de beaux projets en préparation. L'objectif est de continuer à faire évoluer ma pratique, de rencontrer de nouveaux univers et de construire des projets toujours plus aboutis.
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Ollieday: On finit en questions Fast Lane ?
- Ok, pourquoi pas !
Ollieday: Un mot qui définit le skateboard ?
- Liberté
Ollieday: Une ville qui t'inspire ?
- New York.
Ollieday: Une planche que tu aurais aimé dessiner ?
- La Muska Shorty's.
Ollieday: Le meilleur moment pour créer ?
- La nuit.
Ollieday: Le pire ennemi de la créativité ?
- Le jugement.
Ollieday: Le meilleur conseil qu'on t'ait donné ?
- On ne me l'a pas donné directement, mais je citerais Virgil Abloh :
« Everything I do is for the 17-year-old version of myself. »
Ollieday: Une dernière chose ?
- Merci à Ollieday pour l'invitation et l'interview !
Continuez à soutenir les skateshops, les marques indépendantes, les artistes et toutes les personnes qui font vivre cette culture. Sans elles, le skateboard ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui.
Peace.
Merci à toi Yo!
Vous pouvez retrouver une partie de sont travail sur sa page instagram:
blck_brklyn: Instagram
